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Vendredi 8 septembre 2006
par crudité publié dans : Genious
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Vendredi 8 septembre 2006
ORGUEIL ET PREJUGES vs LE JOURNAL DE BRIDGET BRIDGET JONES

Pourquoi, allez-vous me dire, comparer ces deux oeuvres d'époque et de style différents? Eh bien, mes chers amis, parce que ces deux romans ont d'énormes points communs (voulus et assumés par Helen Fielding).
Tout d'abord, la famille. La mère de Lizzy et la mère de Bridget sont deux hystériques ingérables et qui foutent méga souvent la honte à leur rejetonne, surtout quand elles font des allusions trèèès discrètes pour caser leur fille. Les pères sont, quant à eux, du côté de leurs filles et  ont une grande complicité avec elles. Quant à la famille plus large: alors que Lizzy compte sur les membres de sa famille (elle a pour confidente sa soeur aînée), Bridget cherche secours dans sa famille 'urbaine' (bon en même temps elle a pas le choix elle est fille unique).
La trame de l'histoire de Bridget Jones suit sensiblement celle d'Orgueil et Préjugés (et  bon aussi de pas mal de romans de cet acabit). L'héroine au début tombe amoureuse d'un beau gosse  qui a l'air d'être le bon (Daniel Cleaver/George Wickham) mais bon en fait c'est rien qu'un gros naze qui couche avec d'autres pour des raisons différentes (parce que Cleaver est un chaud lapin immature, parce que Wickham est un chaud lapin en quête de grande fortune). Puis elles rencontrent le bon, le beau, le outsider qu'on attendait pas (personne n'aurait parié un kopeck dessus) en la personne de Mr Darcy (dans les deux cas..ahlala quel méga gros clin d'oeil). Rappelons que dans Orgueil et Préjugés, Mr Darcy sauve la famille Bennet de la honte et de la tragédie (il est balèze) et que dans Bridget Jones grace à ses méga pouvoirs d'avocat il sauve sa BriBri de la prison thailandaise.
De manière générale, les deux Mr Darcy sont froids, hautains, ont fait des études de droit, mais sont en fait des méga lovers à l'intérieur; ils sont tout entiers dévoués à leur Lizzy/Bridget, et aiment accomplir des actions qui tuent (et puis ils sont riches, bien entendu). Rappelons que l'adaptation télévisée d'Orgueil et Préjugés est un sujet de conversation qui revient souvent dans les conversation entre Bridget et ses copines (et notamment la mythique scène de la chemise mouillée), et que Bridget interview dans l'Age de Raison.....Colin Firth (qui joue Mr Darcy dans le film Bridget Jones et Mr Darcy dans la version télévisée d'Orgueil et Préjugés).
Bref, ceci constitue une introduction et voyons quel livre remporte le match

HEROINES : Le Journal de Bridget Jones    Bridget aime à se taper la honte, et souvent est à coté de la plaque pour pas mal de trucs. Est attachante donc, mais bon des fois un peu crispante quand même: 3/5
 
                         Orgueil et Préjugés   Lizzy est drôle, elle trouve toujours les bonnes répliques, et puis bon OK même si elle commet des erreurs de jugement, elle est quand même fun et bigarrée. Et c'est une méga rebelle de son temps : 4.5/5

QUALITE DES DECLARATIONS D'AMOUR: Le Journal de Bridget Jones  Darcy aime à dire des trucs qui font plaisir, du genre "vous faites que de la merde, vous vous affichez, etc...etc..." (oui citation approximative). Mais bon il est choupinet quand même (ok ok il plie ses caleçons mais nul n'est parfait): 4/5

                                                           Orgueil et Préjugés   Darcy a fait LA réplique qui tue: "in vain have i struggled, it will not do. etc etc" (oui cherchez la suite). Mais bon ce qui s'ensuivit était un peu moins glamour "votre mère fait pitié, vous êtes pauvres et pas d'un haut rang, ça va me foutre la honte etc etc" (recitation approximative). Décidemment les Darcy des fois sont un peu bourrins: 4/5

HISTOIRES SECONDAIRES:Le Journal de Bridget Jones  Bridget a des amis qui ont aussi des petits problèmes de "mariage". Ce qui donne des histoires piquantes et croustillantes: 4/5

                                          Orgueil et Préjugés  Autre temps, autres moeurs. Les autres histoires d'Ogueil et Préjugés sont moins croustillantes et piquantes. Et moins nombreuses. 3/5

QUALITE DE LECTURE:Le Journal de Bridget Jones  Chez Bridget, c'est le journal intime. Les références à la société qu'on connait. On ne se sent pas perdu, mais on n'apprend pas beaucoup 3/5

                                   Orgueil et Préjugés   Jane Austen est fidèle à elle-même: le style est incisif, drôle, satirique. On est initié à une autre culture mais les dialogues paraissent tellement contemporains. Le style n' a pas pris une ride et c'est un livre qu'on peut réelement relire moult fois (et pis ça fait genre "j'ai lu un classique ;) ): 4.5/5

NOTE GENERALE: Le Journal de Bridget Jones: 14/20. Bonne note. Le livre est fun.
                                   Orgueil et Préjugés            : 16/20  Très bonne note. Le livre est plus que fun.
par crudité publié dans : les VERSUS
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Vendredi 8 septembre 2006
-Si tu penses qu'il existe une vie après la mort, c'est soit que tu es con , soit que tu es orgueilleux. Non, attends. C'est pas tout à fait ce que je voulais dire. C'est si tu ESPERES qu'il existe une vie après la mort que tu l'es. Et puis, si tu es con, de deux choses l'une: soit tu es con parce que tu as peur, soit tu es con parce que tu aimes la vie. Oui enfin là c'est un mélange d'orgueil et de connerie. Comme s' il existait des gens suffisamment fats pour affirmer que leur vie c'était bien, et qu'ils aimeraient bien encore faire perdurer leur âme qui déchire tout pendant l'éternité. Alors qu'en fait, finalement, TOUS les gens sont cons. Indépendamment de leurs positions religieuses. Oui en fait le monde ne se divise pas en deux catégories. Il ne se divise pas. Et qu'on vienne pas me dire que la spécificité de l'espèce humaine c'est son accès au symbolisme. Nan. C'est notre connerie qui fait qu'on est homme. Tu vois, moi j'aurais pu rédiger le programme de philo de tous ces cons de terminales. Tac tac, simplification des notions. Parce qu'au fond, on s'en tape de savoir ce qui fait la nature, la culture, les techniques, les machins choses de stoicime ou autres théories mystiques. Ca n'a pas d'importance, au contraire: ça renforce bien la connerie humaine, qui réfléchit sur son nombril, sur le pourquoi du comment, sur le moi le surmoi et tout. La psychologie...La religion...Le feng shui de tes chiottes. C'est pareil. Les gens, ils ont découvert qu'ils avaient pas besoin des autres pour orgasmer, alors ils ont cru que  c'était la fête, qu'ils étaient meilleurs que tout. Nan, tu parles, c'est que du vent. Franchement. J'aimerais bien te dire, là, que j'y crois, que je suis là pour un truc qui m'échappe. Enfin, je sais pas comment dire..Que j'ai des réflexions sur des machins abstraits. Je pourrais t'inventer des voyages au Tibet, des retraites dans des abbayes, un conférencier qui m'a ouvert les yeux sur la transcendance ou l'élévation de l'âme, ou j'en sais rien moi, que j'ai rencontré un banquier qui m'a ouvert les yeux, qui m'a révélée. Mais j'peux pas. Je sais bien que je te déçois. Tu dis rien depuis dix minutes, c'est bon, ça veut dire ce que ça veut dire. Je suis désolée. Franchement. Mais moi je suis comme ça, pas de concessions. Je dis ce que je pense, tu vois, et même si ça énerve, j'm'en tape. Et au fond je sais que j'ai raison. Les autres ils sont trop enfoncés dans leur conditionnement métaphysique à deux balles. Enfin. Voilà....

S'il pouvait exister un sentiment plus divin que la délectation de l'enfoncement dans le ridicule d'autrui, Cristobal ne le connaissait pas. Depuis une demie heure, il écoutait les élucubrations de Sandrine, rencontrée trois jours avant dans le restaurant où il déjeunait. Il avait tout de suite senti le potentiel de la jeune fille. La même excitation quasi lubrique qui l'habitait depuis dix ans. Il lui avait demandé, lorqu'elle avait apporté l'addition, s'il était possible qu'ils se revoient un jour, pour déjeuner, prendre un verre, ou même -pourquoi pas, soyons fous- pour un dîner. Affichant une apparente indifférence, Sandrine lui avait toutefois laissé son numéro. Cristobal l'appela et obtint satisfaction au bout de finalement deux compliments sur ses yeux qui étaient les plus émouvants qu'il avait jusque lors rencontrés. Le rendez-vous fut donc pris dans le bar que Cristobal fréquentait habituellement pour ce type d'entretien. Un Martini, deux bières et trois cigarettes plus tard, la conversation avait donc dévié sur ce que vous savez. Cristobal exultait, malgré le masque de petite indignation qu'il se plaisait à arborer. Ceci avait permis de relancer constammant la jeune Sandrine, qui prenait cette expression visagière comme la preuve de la fermeture d'esprit des pseudos bonnes gens, engoncés dans leur carcan d'idées préconçues de merde, dans leurs traditions abjectes de bourgeois pseudo réflexionneurs sur l'au-delà et sur l'Humanité avec ses lettres en caractères mérovingiens ou je sais pas quoi, elle en sait rien après tout, à la fac elle séchait les cours d'Histoire du Livre et de L'écriture pour poser des attelles aux rats d'égout.
Mais Cristobal commençait à déchanter. La jeune fille s'était peu à peu tarie et le regardait, dubitative.Il était, à tout bien réfléchir, un peu en colère. Contre lui d'abord (où était passée son intuition d'antan?) et contre elle, surtout. Toutes les filles qu'il avait connues avaient tenu toute la soirée. Facile. Il avait même reçu des messages après certains rendez vous concernant l'éclaircissement sur un point qui avait était abordé au cours des dîners, comme les légumes qu'en fait elle avait dit qu'ils aimaient les sols calcaire mais qu'en fait nan, ou sur la maladie semi incurable qu'on avait finalement décelé chez Jean-François, le cavalier King Charles de la demoiselle.

Cristobal se sentait donc un peu nerveux. Il n'avait pas d'habitude de faire la conversation. Ce niveau cas de figure était donc très destabilisant pour lui. Il savait qu'il n'avait qu'à trouver un mot, une phrase suffisamment percurtante pour relancer le discours de Sandrine, mais quelque chose l'en empêchait. Ce n'était plus drôle quand ce n'était plus spontané. Ca ressemblait même à de la triche. Non, Cristobal n'était pas homme à subir des situations qui lui étaient déplaisantes. Ainsi, après la pause observée par Sandrine il s'adressa à elle en ces termes:
par crudité publié dans : Prix Goncourt
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